En Norvège, une croisière sur la route glacée

Une croisière avec l’Express côtier, ligne fascinante qui relie Bergen à Kirkennes, en passant par le cap Nord, n’a rien de commun avec une virée classique en paquebot : ici, ni cabine luxueuse, ni machine à sous, ni spectacles, ni dîner du capitaine en tenue formelle… Cette simplicité s’explique par l’histoire de la mise en service des premiers bateaux en 1893 qui, à l’origine,marc jacobs lunettes de vue, devaient désenclaver les villes côtières du sud au nord de la Norvège.

Une mission de service public qui n’a jamais pris fin, même avec le développement du train et de l’avion. Les onze navires que compte la compagnie continuent donc de desservir les trente-quatre ports plus ou moins importants qui jalonnent leur route en emportant le courrier, le fret et un grand nombre de Norvégiens qui se sont approprié ces bateaux comme nous le train ou le métro…

Au terminal Hurtigruten de Bergen, on ne peut pas rater le MS Finnmarken : 138,5 mètres de long, 21 mètres de large,monture lunette femme chanel, haut comme un immeuble de huit étages. Christelle Deblangey, qui chaperonne son groupe de Français depuis l’aéroport de Roissy, réunit ses ouailles. A 48 ans, cette Lyonnaise qui a fait ses classes au Club Med à Djerba avant de travailler pendant quatre ans sur les bateaux de la marque au trident,lunettes oakley polarisées, sillonne aujourd’hui la planète pour différents voyagistes. La route de l’Express côtier, elle la connaît par cœur, elle qui est si attachée à la Norvège. Son rôle ne se limite pas au simple exercice de guide touristique : la fonction de tour leader, à l’anglaise, est plus étendue qu’il n’y paraît. A la fois, interprète, nounou, aide-soignante,nouvelle lunette dior, confidente, logisticienne.

A l’en croire, il lui suffit de vingt secondes au premier contact pour cerner les personnalités : ceux qui sont seuls, les groupes d’amis, les râleurs, les hardis, les timides, ceux qui voyagent pour la première fois… Autant de caractères différents, réunis dans une microsociété, qu’il faudra apprivoiser avec tact pendant ce huis clos en bateau.

Trente-quatre escales

Après un rapide brief sur le voyage, il est l’heure de prendre possession de sa cabine. Les bagages s’y trouvent déjà. Ne reste plus qu’à se familiariser avec le bateau et son dédale de couloirs. Première étape : repérer les différents ponts. Ce sont à l’évidence les lieux stratégiques du navire. Qu’importe le temps : qu’il pleuve, vente ou, le plus souvent, neige, c’est là qu’il faut être et ce, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. C’est des ponts 3, 7 ou 8 que l’on aura la plus belle vue sur les fjords ou que l’on tentera, maladroitement, de photographier la première aurore boréale, véritable prime de ce fantastique périple.

C’est au pont 4 que se trouvent les autres endroits incontournables du MS Finnmarken, les salons, le bar, le comptoir d’information, la boutique et le restaurant. A 18 h 30, une file mélangée et polyglotte, composée d’adultes avec ou sans enfants, attend l’ouverture des portes. On y parle norvégien, beaucoup,tom ford lunettes homme, allemand tout autant, anglais et français un peu. Deux services seront proposés pour nourrir les 332 personnes que compte ce soir le bateau au départ de Bergen, sur une capacité totale de 1 000 passagers.

22 h 30 précises, la corne du MS Finnmarken retentit saluant une dernière fois la ville natale du compositeur Edvard Grieg. En route pour trente-quatre escales. La première, Floro que l’on atteindra à 4 h 30, ne durera qu’un quart d’heure le temps de déposer et prendre du fret. Ces escales nocturnes et brèves sont aussi l’une des particularités de ces bateaux de croisières pas tout à fait comme les autres.

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Minuit. Sur le pont, Christelle est ravie : par chance, à croire le capitaine, on aperçoit une première aurore boréale. Prévenus par un message audible dans chaque cabine, les voyageurs les moins frileux se massent, petit à petit, sur les différents ponts. Les moins hardis se contenteront de la terrasse panoramique intérieure du 7e étage. Mais le spectacle vaut très largement le bol d’air glacial et iodé en plein milieu de la nuit.

Trondheim : la capitale du vélo

Le bateau poursuit sa route vers Alesund, première véritable escale puisqu’elle dure trois heures. Le temps de découvrir cette ville de style Art nouveau et de se promener sur le mont Aksla, au milieu de la ville. « Surtout ne ratez pas le départ car le bateau ne vous attendra jamais ! », prévient la guide. A 15 heures tapantes, le MS Finnmarken repart vers Molde, Kristiansund et, enfin, Trondheim, troisième ville de Norvège, qu’il atteindra à 6 heures du matin, au troisième jour du voyage.

Christelle confirme que c’est l’une des plus importantes escales du voyage en ce qui concerne le fret pour l’Express côtier. Plusieurs heures qui permettront, à ceux qui ont choisi l’excursion, de partir à la découverte de la ville fondée en l’an mil par Olaf, le célèbre roi viking. On visite la cathédrale, et juste à côté, la maison de l’archevêché. Trondheim, ville du vélo par excellence, possède même une curiosité : le premier escalator conçu pour les cyclistes.

Le cercle polaire : une frontière imaginaire

De retour sur le bateau, les croisiéristes sont mis au défi : il faut pronostiquer l’heure exacte à laquelle le navire franchira le cercle polaire arctique à 66°33’nord le lendemain matin. Tout le monde est appelé à mettre son pronostic dans une urne, sachant que bateau navigue à 14,5 nœuds, qu’il reste tant de milles à couvrir et que le créneau horaire est prévu entre 6 h 30 et 8 heures du matin… Ce 19 mars, c’est une touriste japonaise qui a donné la bonne réponse. Se serait-elle abstenue si elle avait su que le « gros lot » consistait en une douche de glaçons versée par un Neptune de carnaval dans le cou ? Pas sûr… Sur l’îlot de Vikingen, le cercle polaire est matérialisé par un énorme globe de métal de 7 mètres de diamètre. Une frontière imaginaire saluée par plusieurs coups de corne de brume…

Il est un peu plus de 12 h 30 quand le navire accoste à Bodo. Sans surprise, il est pris d’assaut par plus de 140 Norvégiens. Pourquoi ? Parce que Bodo est le principal port d’embarquement vers les îles Lofoten, mais aussi parce que plus l’on monte vers le nord, plus les transports en commun se réduisent comme peau de chagrin…

La croisière se poursuit et le bateau navigue à travers le magnifique détroit du Raftsund qui marque la frontière entre les îles Verstralen et les Lofoten, jusqu’à l’embouchure du Trollfjord. Tout juste sublime. Puis, on arrive vers Tromso aux alentours de 12 h 30. Le navire y restera jusqu’à 18 h 30 le temps de profiter d’une excursion en ville ou d’une balade en traîneau à chiens…

Le cap Nord : le Graal

A son petit groupe de Français,lunette de soleil jacob, Christelle rappelle que l’on va bientôt passer la ligne de 70° nord, généralement propice à l’observation des aurores boréales pour ceux qui n’auront pas vu celle du premier soir… Le sixième jour de cette croisière sud-nord est un peu considéré comme le Graal… C’est en arrivant à Honningsvag, sur l’île de Mageroya, que l’on prend le car pour enfin arriver au cap Nord. Une fois sur place, on ne peut pas le rater : un autre énorme globe marque cet endroit quasiment mythique situé à 71°10’16’’. La falaise enneigée de 300 mètres de haut est impressionnante, le musée-boutique posé là très fréquenté.

Encore une nuit à bord avant d’arriver à Kirkenes, terme du voyage. Le MS Finnmarken y arrive vers 9 heures, les dernières minutes de traversée sont conformes à l’idée qu’on pouvait s’en faire : le bateau brise une légère couche de glace par endroits et l’écriture cyrillique sur des bateaux de pêche souvent hors d’âge que l’on croise confirme que nous sommes bien en mer de Barents,lunette solaire, à quelques kilomètres de la frontière russe, après un périple de 2 463 kilomètres…

Carnet de route

Y aller 

SAS propose treize vols par semaine au départ de Paris pour Bergen via Oslo ou Copenhague à partir de 133 euros. Pour le retour, vols quotidiens au départ de Kirkenes pour Paris via Oslo à partir de 130 euros. http://www.flysas.fr

L’Express côtier 

Hurtigruten, qui commercialise les croisières de l’Express côtier, propose une multitude de formules qui, in fine, s’apparentent à du sur-mesure. Mis à part les croisières classiques Bergen-Kirkenes-Bergen en douze jours et onze nuits (à partir de 2 359 euros) et Bergen-Kirkenes (à partir de 1 789 euros), il existe des tronçons de deux à trois jours, et également la possibilité de faire des arrêts et de prendre un autre bateau vingt-quatre ou quarante-huit heures plus tard. http://www.hurtigruten.fr. A noter, la présence d’un guide français à bord n’est assurée qu’à partir de vingt personnes.

Les excursions 

Elles sont, comme dans toutes les croisières, en sus. Quelques exemples : le traîneau à chiens (159 euros), la randonnée à motoneige (265 euros), le cap Nord (123 euros).

François Bostnavaron

Journaliste au Monde

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